Nous avons souvent entendu parler de rumeurs, certaines logiques, d'autres incroyables. Mais certaines sont tout de suite cachées, puisqu'au Liban, lorsqu'il y a une dénonciation, les petits sont coffrés et les grands protégés…
Et celà laisse à désirer; puisque l'on a déjà entendu parler d'une partouze homosexuelle de grands politiciens à Tripoli et l'on a jamais eu les noms exacts!
Certains parlent du père du ministre Mosbah Al Ahdab, Aouni Al Ahdab, d'autres parlent de Moustafa Karamé, d'autres de Atef Al Moughrabi et d'autres de Rashid Karamé en s'appuyant sur le fait qu'il ne s'est jamais marié.
Mais tout ceci est-il vrai? Prenons l'exemple de Rashid Karamé, et bien est-ce qu'il avait besoin de se marier pour prouver le contraire? La plupart des homosexuels se dotent même d'une couverture de «respectabilité», en se mariant et en ayant des enfants pour faire comme tout le monde, ou car ils ne peuvent plus supporter les pressions sociales, mais ils finissent par poursuivre leurs anciennes relations créant alors une sorte de duperie extraconjugale. Il est en fait difficile de définir l'homosexualité dans ce pays.
Les homosexuels du Liban cherchent le plus souvent à cacher leurs préférences sexuelles. Parfois, parce qu'ils en ont honte et qu'ils ne réussisent pas à l'accepter et parfois pour ne pas déranger un environnement sectaire et intolérant. Parfois aussi parce qu'ils considèrent que leur vie privée ne regarde qu'eux. Ils ont beau être discrets, par choix ou par besoin, ils n'en dérangent pas moins la société. Comme si le seul fait de leur existence remettait en question des vérités que l'on croyait solidement établies.
Vivre au grand jour leur est pratiquement impossible, les homosexuels se rabattent sur des aventures à la sauvette et souvent sordides.
Mais lorsque leurs actes touchent à l'immoral et dépassent l'éthique, comment réagir? Puisque selon des confidences, il y a même des salles de cinéma, généralement dans les quartiers intérieurs de Tripoli (deux salles de cinéma dans la rue séparant Karm Al Ellé et le rond- point Al Tall, une autre salle dans la rue Al-Massaref). Ces salles diffusent certains soirs des séquences pornographiques homosexuelles en plein film, et les homosexuels se donnent le mot… Résultat, tout le monde se précipite ensuite aux toilettes pour des exhibitions prohibées par la morale et l'hygiène, et parfois ils se donnent à fond sur place même.
Un concerné de Tripoli qui refuse de donner son nom: «mais que voulez-vous, les autorités ne nous laissent pas d'autre choix! Nous en sommes a nous retrouver dans ces lieux mal famés, parce que nous sommes indésirables dans les lieux "respectables"»
Il n'y a pas très longtemps, dans un des Hammams de Tripoli, «Hammam Al Abed», ont été surpris en flagrant délit des groupes d'homosexuels exerçant librement leurs relations sexuelles. Suite à une intervention de la police, le Hammam a été scellé à la cire rouge à la fin des années 90, puis rouvert. À noter qu'il n'y avait pas seulement des citoyens de Tripoli, mais des homosexuels venant d'autres régions du Liban.
L'acte d'homosexualité exercé dans les Hammams n'est pas si étonnant que ça, puisque historiquement, ces lieux étaient divisés en deux: les hammams fréquentés uniquement par les hommes, et les hammams pour les femmes, connus sous le nom de «harems».
Vu que ces lieux sont devenus un lieu de rencontre et que les hommes s'entre touchaient durant toute la journée, ainsi que pour les femmes, ces conditions ont créé instinctivement une sorte de relation très intime.
Tripoli a toujours été connue comme étant une ville où les homosexuels sont nombreux, même que traiter quelqu'un de «trobelsi» sous-entend qu'il est homosexuel, c'est donc même devenu une sorte d'insulte.
Dans le livre «Tripoli through the ages» de Lina Gergian, 1980, qui a écrit l'histoire de la ville de Tripoli, se trouve l'image d'une monnaie a l'époque des romains de Tripoli sur laquelle sont gravés deux hommes, intitulée «Heavenly twins» et présentant Dioscuri… Ceci n'est-il pas bizarre? Puisqu'il n'y a jamais eu de pièce pareille. On a toujours vu un seul personnage sur les sous…
Cependant les pénalités que subissent ces gens refusés par la société, qui n'avaient pas d'autre choix que de fréquenter les hammams, sont d'après la loi (les articles 518 a 522 du Code Pénal) punis d'une peine de prison allant jusqu'à six mois. L'article 534 stipule que «toute conjonction charnelle contre l'ordre de la nature sera punie de l'emprisonnement jusqu'à une année» et évidemment, il est entendu que l'homosexualité en fait partie puisque l'homosexualité est considérée hors normes si l'on estime que le couple hétérosexuel est la norme!
Finalement, il faudrait commencer par amender une loi obsolète qui considère l'homosexualité, sans la nommer expressément, comme un délit pénal passible de prison!!! Dans un pays qui prône la démocratie et la tolérance, ne faudrait-il pas plutôt arrêter au moins, je ne dis pas emprisonner, mais arrêter le peuple entier qui s'entre cule, le peuple qui s'autobaise, le peuple qui viole et vole avant de même oser parler d'homosexualité???
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